Crime du siècle

de Peter Madden

une création du Théâtre d'Aujourd'hui

Salle principale

du 10 avril au 3 mai 1992


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RÉSUMÉ

États-Unis 1953. Pénitencier fédéral pour femmes. Ethel Rosenberg attend l’exécution de sa sentence, surveillée par Nell, la geôlière. Mais la plus prisonnière des deux n’est pas celle qu’on pense. Délire carcéral parcouru d’échappées dans l’irréel, comédie noire, duel de personnalités, thriller politique.

texte Peter Madden traduction Guy Beausoleil mise en scène Alexandre Hausvater interprétation Louise Marleau, Monique Mercure assistance à la mise en scène et régie Ann-Marie Corbeil scénographie et éclairages Jean-Charles Martel costumes François Laplante conception sonore Richard Soly accessoires Louise Campeau maquillages et perruques Jacques Lafleur perruques Rachel Tremblay

texte

Peter Madden

traduction

Guy Beausoleil

mise en scène

Alexandre Hausvater

interprétation

Louise Marleau

interprétation

Monique Mercure

L'accusation dans le procès de Julius et Ethel Rosenberg reposait sur cette rumeur, savamment entretenue, qu'il existait un réseau communiste profondément enraciné dans la société américaine de l'après-Deuxième Guerre mondiale visant à renverser le gouvernement des États-Unis.

Les gens craignaient davantage de recevoir l'étiquette de communiste que le communisme par lui-même. La délation était élevée au rang de devoir civique et l'on se retournait contre ses anciens amis pour sauver sa peau.

La moindre allusion était suffisante pour vous faire perdre votre travail. Le simple fait d'être accusé devenait une inculpation. Toute tentative pour prouver votre innocence ne faisait qu'exacerber votre culpabilité.

C'est dans cette ambiance que les Rosenberg ont été jugés.

La littérature à propos d'Ethel et Julius Rosenberg est, en général, une froide collation de documents concernant leur arrestation et leur procès. Il n'y a que leurs fils qui aient parlé de Julius et Ethel comme d'êtres humains; des êtres parcourant les rues de New York, qui vivaient les joies et les peines de la vie, riant, aimant, gâtant leurs enfants, rêvant de lendemains qui chantent.

La plupart des auteurs veulent démontrer soit l'innocence soit la culpabilité des Rosenberg. Morts ou vifs, on a fait d'eux des symboles, manipulés aussi bien par des factions de la droite, du centre ou de la gauche.

J'ai essayé d'éviter ce piège en faisant d'Ethel un être pétri de contradictions, une femme réelle prise dans des circonstances exceptionnelles.

Crime du siècle était, il y a 15 ans, une pièce à vingt-sept personnages intitulée Conspiration, qui contestait le bien-fondé de la poursuite du gouvernement. Les multiples réécritures sont maintenant de l'histoire ancienne, mais pas l'amitié de ceux et celles qui m'ont aidé.

Merci à Rina Fraticelli pour ses suggestions, aux membres du Active Montreal Playwrights pour leur soutien moral, à Alex pour sa vision, à Michelle Rossignol pour sa foi en la création, à Guy Beausoleil pour sa fidélité inventive, à mes fils, Sean et Ryan pour leur amour et leur tolérance.

Peter Madden
(traduction Guy Beausoleil) 

Ethel Rosenberg a lutté jusqu'au dernier moment. Son innocence, comme son amour pour Julius, était plus puissant que la peur de mourir. Ni les deux ans de prison, ni l'année passée à Sing Sing, dans la cellule des condamnés à mort, ont affaibli la détermination de cette femme héroïque. C'est à ce moment que l'histoire objective s'arrête et que l'imagination de Peter Madden prend la relève.

Deux jours avant l'EXÉCUTION.

L'isolement, la séparation de son mari, de ses enfants et de son travail idéologique, mènent Ethel vers un monde imaginaire, plein de souvenirs, de rêves, de jeux et d'incursions dans des territoires qu'elle n'a jamais osé explorer avant. Sa partenaire dans ce voyage c'est Nell, une gardienne plus américaine que la apple pie.

Les deux femmes se lancent dans un combat fatal. Elles se reflètent l'une dans l'autre, se découvrent, se rejettent tout en jouant des jeux de pouvoir, d'oppression et de libération. Une élève la conscience personnelle et politique de l'autre qui, à son tour, découvre que la seule bonne raison de vivre ou de mourir c'est encore et encore, toujours et toujours... l'amour.

Je salue Michelle pour son courage, Guy pour sa détermination, Peter pour sa foi et ces deux grandes dames de la scène pour leur abandon.

Bonne soirée à tous.

Alexandre Hausvater

Production

une création du Théâtre d'Aujourd'hui