Journée de noces chez les Cromagnons

de Wajdi Mouawad

une création du Théâtre d'Aujourd'hui

Salle principale

du 14 janvier au 6 février 1994


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RÉSUMÉ

Un jour d'orage et de bombardement, une famille décide de préparer coûte que coûte les noces de la fille ainée. C'est bête à dire, mais préparer des noces sous les mitrailleuses n'est pas une chose facile, en particulier quand le fiancé n'existe pas. Les obus tombent, la maison est en ruines, les salades sentent le poisson, la famille au complet est au bord de la crise de nerfs, mais la noce aura lieu !

texte et interprétation Wajdi Mouawad mise en scène Paul Lefebvre, Michelle Rossignol interprétation George Krump, Marie-France Marcotte, Monique Mercure, Gilles Pelletier, Dominique Pétin, Benoît Vermeulen assistance à la mise en scène, accessoires et régie Suzanne Beaudry scénographie et accessoires André Labbé costumes Maryse Bienvenue éclairages Lou Arteau conception sonore Christian Thomas maquillages Jacques-Lee Pelletier coiffures Pierre Lafontaine

texte et interprétation

Wajdi Mouawad

mise en scène

Paul Lefebvre

mise en scène

Michelle Rossignol

interprétation

George Krump

interprétation

Marie-France Marcotte

interprétation

Monique Mercure

interprétation

Gilles Pelletier

interprétation

Dominique Pétin

interprétation

Benoît Vermeulen

Je dédie ce texte à tous ceux qui n'ont pas existé parce que leurs parents n'avaient pas fait l'amour cette nuit-là: je leur dédie ce texte, à eux, pour m'avoir si souvent donné raison d'espérer.

Wajdi Mouawad

Trouver la guerre

Je ne suis jamais allé au Proche-Orient. Je le déplore. Mais ce n'est pas une pièce sur le Proche-Orient, ni même sur la guerre au Proche-Orient. C'est une pièce sur la guerre, point. Plus précisément, une pièce sur ce que la guerre fait aux êtres humains. Pensez à Beyrouth, oui, mais pensez surtout à Sarajevo, à Mogadiscio. Une chose sur le Liban quand même. Mes parents ont des amis libanais depuis les années 50 et j'ai grandi en mangeant de la tabouleh. Je me souviens de ces amis quand la guerre a commencé: ils disaient d'une voix brisée qu'avant, c'était le plus beau pays du monde: deux civilisations vivant en paix, les montagnes se jetant dans la mer, les cèdres...

Je n'ai jamais connu la guerre. Je me suis vite rendu compte que la définition classique de Clausewitz - la guerre est la poursuite de la politique par d'autres moyens - ne me servait à rien. J'essaie d'imaginer la guerre et c'est difficile. J'essaie d'imaginer ma vie avec ma famille dispersés, avec ma maison détruite, avec un ami qui m'appelle en revenant de l'hôpital pour m'annoncer qu'il a eu la malchance de marcher sur une mine et qu'il a une jambe en moins...
J'imagine un quotidien où l'horreur est devenue si familière qu'on a renoncé à se révolter et qu'on la considère comme un emmerdement, sans plus.

Mais ce que la guerre fait aux êtres humains, je le cherche surtout dans la pièce de Wajdi Mouawad. La guerre y est dans les mots, dans le souffle, dans la bousculade des situations. La guerre a fait jaillir l'écriture chez lui et si nous nous approprions bien son texte, nous retrouverons le souffle de l'auteur, le souffle d'un enfant terrorisé par les bombes. Car le théâtre sert à comprendre ce que nous ne pouvons pas vivre mais qui appartient à notre condition humaine.

Nous essaierons ce soir de vous faire ressentir l'absurde et la douleur de vies détruites. Et nous vous raconterons l'histoire d'un miracle.

Paul Lefebvre

Production

une création du Théâtre d'Aujourd'hui