Les Mains d’Edwige au moment de la naissance

de Wajdi Mouawad

une création du Théâtre d'Aujourd'hui

Salle principale

du 15 janvier au 13 février 1999


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RÉSUMÉ

Tandis que sa famille organise au salon des funérailles fictives pour sa sœur Esther, disparue depuis dix ans, Edwige refuse catégoriquement de monter de la cave sombre et sale où elle se terre. C'est là qu'elle assiste au retour d'Esther, qui vient accoucher dans ses bras, pendant que le village au complet se bat au salon.

texte Wajdi Mouawad mise en scène André Brassard interprétation Stéphane Brulotte, Jean-Pierre Chartrand, Violette Chauveau, Maude Guérin, Steve Laplante, Marthe Turgeon assistance à la mise en scène et régie Annick Nantel scénographie Anick La Bissonnière costumes Véronique Borboën éclairages Michel Beaulieu musique originale Catherine Gadouas maquillages et coiffures Jean Bégin

texte

Wajdi Mouawad

mise en scène

André Brassard

interprétation

Stéphane Brulotte

interprétation

Jean-Pierre Chartrand

interprétation

Violette Chauveau

interprétation

Maude Guérin

interprétation

Steve Laplante

interprétation

Marthe Turgeon

Voici: je crois que l'amour doit prévaloir sur la justice. Car nous sommes davantage faits pour aimer que pour faire respecter des lois. Tout comme je crois que nous sommes davantage faits pour être aimés que pour être punis. 
Voici: je m'aperçois que je tiens l'événement de la réconciliation pour l'un des plus grands qui puissent exister.
Voici: je crois que le salut arrive toujours du côté où on l'attend le moins! Nous sommes là, à scruter l'horizon, tentant d'y déceler le moindre miracle. Alors que le miracle est déjà là.
Voici: nous allons encore faire du théâtre. Faire semblant. Et nous allons encore soit être heureux d'y avoir cru, soit être mégafâché parce qu'on n'y a pas cru. C'est tout de même mystérieux tout ça, que vous soyez, ce soir, assis là dans le noir, avec le plus grand sérieux, pour regarder des gens qui, tout aussi sérieusement, vont vous raconter une histoire.
Voici: nous sommes encore des enfants.
Voici: je veux déclarer mon amitié pour Michelle Rossignol.
Voici: je veux déclarer mon admiration pour André Brassard.
Voici: je veux déclarer mon amour pour tous les comédiens.
Voici: un grand merci aux concepteurs, aux techniciens et à Michel Beaulieu, qui est un grand artiste.
Voici: un merci à René Richard, à Jacques et à toute l'équipe du Théâtre d'Aujourd'hui. Merci aussi à Louis LeHoux, une pensée toute particulière pour Brenda Kimpan, merci au CEAD pour son appui, merci à l'École nationale de théâtre, où j'ai lu le texte pour la première fois le 14 novembre 1994, merci à Jennifer pour cette nuit où je lui ai lu le premier acte, merci aux comédiens de la lecture de la Semaine de la dramaturgie d'il y a trois ans. J'ai commencé à écrire ce texte lors d'une résidence d'écriture au Festival des Francophonies à Limoges et pour le terminer, j'ai reçu une bourse du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec.
Certains reconnaitront des passages tirés d'Hyperion d'Hölderlin et des écrits autobiographiques de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Ce texte est dédié à Anne-Catherine Lebeau.

P.-S.: Les aléas du métier d'auteur font en sorte que les textes des dramaturges ne sont jamais montés dans l'ordre où ils ont été écrits. Je veux, simplement pour que les choses restent dans leur vérité et parce que tout ça réflète un trajet où l'écriture d'un texte a influencé le suivant, vous dire dans quel ordre mes textes ont été écrits. Je tiens à vous le dire, parce que l'ordre de ces écritures m'est cher.
Voici:
Willy Protagoras enfermé dans les toilettes
Journée de noces chez les Cromagnons
Partie de cache-cache entre deux Tchécoslovaques au début du siècle
Alphonse
Les Mains d'Edwige au moment de la naissance
Littoral

Wajdi Mouawad
 

En 1996, à l'occasion de la Semaine de la dramaturgie, j'avais dirigé une lecture des Mains d'Edwige au moment de la naissance. Aujourd'hui, je retrouve avec plaisir l'écriture de Wajdi, sa langue unique et cette totale liberté de conteur qui lui permet de faire cohabiter sur scène les vivants et les morts, de célébrer des noces sous les bombes, de traverser des continents, ou de nous donner à voir, comme c'est le cas ici, un accouchement, un incendie, une tempête de brouillard... Toutes choses pour le moins difficiles à faire « pour vrai » au théâtre... Jusqu'où peut-on aller dans la représentation physique de ces événements grandioses sans tomber dans le piège de la caricature? Que doit-on montrer? Avec Les Mains d'Edwige au moment de la naissance, tout est dans le texte. Je tenais à lui laisser le champ libre, à ne pas l'entraver par la surimposition d'images moins fortes que celles qu'il évoque déjà. Ce soir, je vous invite donc à imaginer avec nous un endroit du « bout du monde », le Liban ou l'Irlande, la Bretagne ou la Patagonie peut-être... Un endroit isolé et primitif, où les croyances et les superstitions sont encore très vivantes. Un endroit stérile, d'où on veut juste « sacrer son camp », et qui sera pourtant un lieu de naissance. Celle de l'enfant d'Esther, mais aussi celle d'Edwige, qui sort de l'enfance à travers les événements de cette nuit-là.

André Brassard 

Production

une création du Théâtre d'Aujourd'hui