Le lit de mort

d'Yvan Bienvenue

une production du Théâtre Urbi et Orbi

Salle Jean-Claude-Germain

du 28 octobre au 20 novembre 1999


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RÉSUMÉ

Huis clos insolite à deux personnages: un homme s'installe dans la maison délabrée d'une jeune femme, qui y loue un lit de mort. Venu pour y mourir d'amour, il décide, pour aider financièrement sa logeuse, d'inventer des histoires qu'il raconte ensuite aux gens qui lui téléphonent.

texte Yvan Bienvenue mise en scène Paul Lefebvre interprétation Christian Bégin, Catherine Sénart assistance à la mise en scène et régie Annick Asselin scénographie Jean Bard costumes Marie Bellemare éclairages Anne-Catherine Simard-Deraspe musique originale François Beausoleil maquillages Florence Cornet direction technique et de production Carolyne Vachon

texte

Yvan Bienvenue

mise en scène

Paul Lefebvre

interprétation

Christian Bégin

interprétation

Catherine Sénart

Yvan Bienvenue, c'est selon

Je n'ai pas l'intention de répéter tous les mots de la pièce. Je veux seulement remercier tous les gens que vous voyez dans ce programme et ceux que vous ne voyez pas et ceux que j'oublie peut-être et qui me le pardonneront sans doute à cause du coeur que j'y mets.

Je veux aussi vous souhaiter une douce soirée et de faire l'amour en rentrant à la maison ou sur le chemin de la maison ou quelque part dans un coin du théâtre sans que vous ne vous fassiez surprendre j'espère.

Et pour ceux et celles qui sont seuls et seules je vous dis ce que je crois avoir été dit par Clémence dans une émission pour enfant dont j'oublie le nom: « c'est permis de rêver! »

Yvan Bienvenue

L'Amour et son envers

« L'amour, écrivait le psychanalyste Jacques Lacan, c'est donner ce qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. » Le sentiment amoureux, révélateur de toutes les névroses, active les pires clivages du soi, éveille toutes les défenses intérieures, engendre toutes les raisons imaginables pour détester cet être devenu objet d'amour. Car, il faut bien l'avouer, l'existence de l'Autre a beau être la grande merveille de la vie, elle est d'abord et avant tout le plus douloureux scandale de l'existence.

Ce qui m'a frappé dès la première lecture du Lit de mort d'Yvan Bienvenue, c'est son extraordinaire justesse dans la mise en théâtre du prodigieux arsenal de résistances que déclenche chez l'humain l'état amoureux. Cette intuition s'est confirmée dans le travail avec les comédiens alors que nous avons exploré tout ce que cette comédie amoureuse portait de haine de l'Autre. Sous des dehors plaisants, grouille dans le Lit de mort la terreur qu'inspire l'Autre, terreur qui propulse l'amoureux dans la prétention tout en mettant à jour cette prétention qui devient ainsi insupportable.

Georges, dans son lit (libre à vous, comme moi, d'y voir un divan), ne peut faire autrement que de raconter des histoires; mais il a beau les raconter pour fuir, elles le rattrapent, le révèlent, l'exposent.

Pour vous, ce soir, Georges et Jeanne vont mourir dans ce lit. Mais ce qu'il y a de beau dans cette pièce, c'est qu'à la fin, ils y naissent.

Paul Lefebvre

Production

une production du Théâtre Urbi et Orbi