Tout est encore possible

de Lise Vaillancourt

une création Les Deux Mondes, en codiffusion avec le Théâtre d'Aujourd'hui

Salle principale

du 3 au 21 novembre 2009


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RÉSUMÉ

Quatre personnages : une femme blanche, un homme noir, un jeune homme bleu et sa mère. Quatre lieux : un dispensaire dans la jungle, un cabinet de psychanalyste, un appartement montréalais et une terrasse de café. En toile de fond, la mère, les peines d'amour et l'Afrique. Chaque personnage se présente avec une histoire impossible à croire dans un univers où, vraisemblablement, tout est encore possible. Cette série de récits architecturés sous forme de pièce trouvera son point culminant entre une femme blanche et un homme noir que seule l'écriture peut inventer.

Dans cette création, Les Deux mondes explore un genre rarement transposé au théâtre. Courant dans la littérature, le récit fantastique demeure marginal dans la dramaturgie québécoise. Lise Vaillancourt propose ici une œuvre contemporaine qui mêle humour et angoisses dans un univers hors du commun.

texte et interprétation Lise Vaillancourt mise en scène et conception visuelle Daniel Meilleur interprétation Louise Bombardier, Widemir Normil, Émile Proulx-Cloutier assistance à la mise en scène Annie Lalande conception visuelle Yves Dubé conception visuelle et accessoires Guy Fortin costumes Michèle Hamel éclairages et régie générale Lucie Bazzo musique originale et son Michel Robidoux maquillages et coiffures Florence Cornet

texte et interprétation

Lise Vaillancourt

mise en scène et conception visuelle

Daniel Meilleur

interprétation

Louise Bombardier

interprétation

Widemir Normil

interprétation

Émile Proulx-Cloutier

De l’écriture,

je sais qu’il y a des zones où je peux m’égarer dangereusement et d’autres lieux d’où je reviens les bras pleins de cadeaux. Je sais que mon esprit est un voyageur enthousiaste qui adore les excursions, que tous les jours et même la nuit, il est prêt à partir pour explorer de nouveaux territoires. Je sais que les mots naissent des mots. Au contraire de la croyance populaire, aucune œuvre ne prend naissance d’une page blanche. L’œuvre naît de gestes et de mots nourris de multiples mots tracés inlassablement. Je sais que la paix et la joie sont à préserver pour continuer d’écrire, que pour ce faire, je dois échapper à l’insupportable qui confine très souvent à l’ennui. Ce que je ne sais pas, c’est la pièce que je suis en train d’écrire. Je veux dire, je sais ce que je suis en train d’écrire, mais je soupçonne rarement ce qui va surgir. Dans le cas de cette pièce, tout est parti d’un voyage extravagant que j’ai fait en Afrique en 1990. Mais au moment où je commence à écrire la pièce, je ne soupçonne pas que ce voyage va refaire surface. Au début de l’écriture, je tombe sur une femme blanche en mission au Congo qui se découvre une bosse au sein. La pièce s’enchaîne avec un écrivain d’origine congolaise qui suit une psychanalyse à Montréal. L’angoisse de la mort de la femme m’entraîne sur le sujet de l’amour, puis l’homme noir me mène à sa mère et la mère me fait déboucher sur l’Afrique.

Tout est encore possible s’est présenté comme une série de monologues. Chaque personnage est venu raconter une histoire absolument impossible à croire. Cette pièce aurait pu se titrer Les Incroyables. Mais j’ai voulu garder le titre Tout est encore possible. Car pour moi, il a fait naître un suspense, m’a tenu en haleine durant toute l’écriture afin de trouver ce qui était encore possible aujourd’hui pour préserver le voyage enthousiaste et libre de l’esprit.

Lise Vaillancourt

Histoires de rencontres

Aux Deux Mondes, chaque création commence par une histoire de rencontre et de coup de cœur artistique. Voici une histoire entre une auteure et un metteur en scène qui démontre que tout est encore possible, car elle s’échelonne sur trois décennies…

C’est en 1979 que Lise Vaillancourt et moi faisons connaissance. La compagnie était alors installée à Longueuil et sa directrice Monique Rioux, dont j’étais l’assistant, y offrait des ateliers aux artistes intéressés à différentes techniques d’écriture. Parmi ceux-ci, Lise Vaillancourt. Elle dira plus tard que ces ateliers ont été déterminants dans son choix d'écrire pour le théâtre.

Elle et moi avons ensuite évolué en parallèle dans nos entreprises respectives. Puis, le hasard nous réunit, en novembre 1990, sur le 5 février 1979, le bateau du président congolais, pour une expédition au cœur de l’Afrique noire avec une centaine d’artistes et de scientifiques issus de plusieurs pays francophones d’Europe et d’Afrique, et du Québec, venus partager et découvrir, sur les rives du fleuve, des villes et des villages peu fréquentés. Parmi les Québécois, on retrouve notamment les auteurs Normand Canac-Marquis et Anne Legault, et le compositeur et codirecteur artistique des Deux Mondes, Michel Robidoux. Durant un mois, nous remontons le fleuve Congo puis la rivière Oubangui, en partant de Brazzaville en République du Congo, pour nous rendre jusqu’à Bangui, en Centrafrique. Ce fut un voyage épique, aussi troublant qu’exaltant. Et personne n’est revenu totalement indemne de cette rencontre avec l’Afrique.

Au printemps 2007, j’entre en contact avec Lise car j’ai depuis longtemps le goût de lui proposer un spectacle aux Deux Mondes. Elle me dit être animée par le désir d’écrire de courtes pièces, des brèves, comme elle les nomme, qui soient à la fois autonomes, mais qui puissent se répondre. Elle me propose un manuscrit, inachevé, mais au titre prédestiné : Tout est encore possible.

C’est le printemps, la ville est sale, mon auto aussi. Dans la file d’attente d’un lave-auto, en bordure de la 40, je commence à lire le texte. Je le termine, abasourdi, dans une voiture rutilante. Trente ans après notre première rencontre et vingt après le choc africain, il y a jonction entre les mots et la vie; c’est un coup de foudre qui se répand comme une traînée de poudre et gagne la troupe. Une lecture est organisée qui confirme le potentiel de l’œuvre en devenir. Marie-Thérèse Fortin y assiste et, une fois encore, elle nous accorde sa confiance.

Je souhaite dédier cette 27e création des Deux Mondes à Monique Rioux qui quittera, le printemps prochain, la codirection artistique de cette compagnie, qu’elle a fondée en 1973 et où, tant de fois au cours des 37 ans qui ont suivi, elle a su démontrer que Tout est encore possible.

Daniel Meilleur
Metteur en scène et codirecteur artistique des Deux Mondes

« Avec Tout est encore possible, l'auteure Lise Vaillancourt et le metteur en scène attitré des Deux Mondes, Daniel Meilleur, croisent enfin le fer, pour notre plus grand bonheur. »
Christian Saint-Pierre, Voir

« Dès - l'excellente - première phrase, on est happé par le ludisme, l'humour intelligent d'une écriture plutôt littéraire. »
Marie Labrecque, Le Devoir

« Une belle réflexion sur la vie. »
Katerine Verebély, Desaultels, Radio-Canada

« Inspiré, le quatuor de comédiens porte avec force une parole qui ne se dévoile jamais entièrement. … les monologues donnent lieux à des émotions puissantes. »
Olivier Dumas, montheatre.qc.ca

« Éclaté comme une tragicomédie symbolique, absurde et rocambolesque, il offre pourtant de nombreux superbes moments, selon une esthétique globale audacieuse. »
Yves Rousseau, Le Quatrième

« Un spectacle inspirant dont on sort galvanisé. »
Christian Saint-Pierre, Voir Télé

La compagnie de théâtre Les Deux Mondes est fondée en janvier 1973 sous le nom du Théâtre de la Marmaille par, notamment, Monique Rioux et Daniel Meilleur, lesquels agissent encore aujourd’hui comme codirecteurs artistiques. Compositeur attitré dès les premières années, Michel Robidoux se joint à la direction artistique en 1989. Pierre MacDuff en est le directeur général depuis 1991.

En 1993, la compagnie adopte comme nouvelle dénomination Les Deux Mondes ; celle-ci traduit mieux les orientations artistiques développées au cours des années quatre-vingt, qui ont été marquées par une diversification des publics de tous âges et une ouverture grandissante sur le monde, telles qu'en témoigne sa diffusion internationale.

Compagnie de _création_, elle a suscité la production de pièces marquantes qui ont enrichi la dramaturgie québécoise et contribué à faire reconnaître le Québec comme un lieu d’effervescence théâtrale. Compagnie de _recherche_, elle aime repartir sur des pistes nouvelles lors de chaque nouveau projet; les spectacles des Deux Mondes ne se ressemblent pas les uns les autres et elle a l’audace de faire table rase au début de chaque nouvelle aventure théâtrale. La _diffusion_ des Deux Mondes s’exerce tout à la fois au plan local, régional, national et international. Depuis trente-cinq ans, la compagnie a créé 26 spectacles et donné plus de 3 400 représentations sur les 5 continents; ses activités l’ont ainsi amenée dans plus de 200 villes de 32 pays.
 

THÉÂTROGRAPHIE PARTIELLE

  • 2191 nuits (2005-2007)
  • Mémoire vive (2001)
  • Leitmotiv (1996-2005)
  • L'Histoire de l'oie (1991-2007)
  • Terre promise / Terra promessa (1989-2000)
  • L'Umiak / le bateau collectif (1982-1987)
  • Pleurer pour rire (1981-1988)

DURÉE

1 h 20 sans entracte

Production

une création Les Deux Mondes, en codiffusion avec le Théâtre d'Aujourd'hui