La reprise

de Claude Gauvreau

une création du Théâtre d'Aujourd'hui

Salle principale

du 4 au 27 mars 1994


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RÉSUMÉ

Alors même qu'elle meurt dans ses bras, après une représentation, Loret Laujiaul promet à Dolma Iritrakk, sa partenaire et maitresse, qu'ils se retrouveront sur scène une dernière fois. Il se barricade alors dans son atelier pour réaliser son projet insensé. Pendant ce temps, le petit monde mesquin qui gravitait autour de ces deux acteurs se perd en suppositions et méchancetés gratuites et n'attend qu'un faux pas de Loret. Mais ce dernier tiendra sa promesse...

texte Claude Gauvreau mise en scène Michèle Magny interprétation Pierre Curzi, Frédéric Desager, James Hyndman, Serge Postigo, Julie Vincent interprétation et musique originale Catherine Pinard interprétation et chant sur scène Élisabeth Lenormand interprétation et chant sur bande Jean Maheux assistance à la mise en scène et régie Suzanne Beaudry scénographie et accessoires Danièle Lévesque costumes François St-Aubin éclairages Claude Cournoyer trompette Charles Imbeau violoncelle Christine Harvey maquillages et coiffures Pierre Lafontaine

texte

Claude Gauvreau

mise en scène

Michèle Magny

interprétation

Pierre Curzi

interprétation

Frédéric Desager

interprétation

James Hyndman

interprétation

Serge Postigo

interprétation

Julie Vincent

interprétation et musique originale

Catherine Pinard

interprétation et chant sur scène

Élisabeth Lenormand

interprétation et chant sur bande

Jean Maheux

L'année 1958 marque le début de l'écriture de La reprise. Les personnages de la pièce ont pris forme dans l'univers de Gauvreau il y a donc près de 36 ans, et l'écriture s'est échelonnée sur une période de neuf ans. Gauvreau a donné une dernière touche à la pièce en 1967 et a refermé le manuscrit sur les personnages qui sont restés dans l'attente d'une vie qui leur serait donnée. En 1971, le manuscrit de La reprise est publié dans les Oeuvres complètes, puis les personnages sont de nouveau restés tranquillement couchés entre les feuilles, dans une solitude figée. De temps en temps une petite lumière pointait à travers les pages; c'était l'oeil d'un lecteur plus curieux que les autres qui les regardait avec affection. J'aime imaginer que c'était avec affection. Quelquefois le regard plus critique de spécialistes ou d'étudiants se penchait sur ces personnages aux noms si étranges et évocateurs, Dolma Iritrakk... Satin au Beurre... Loret Lojiaul... Et après quelques déclarations bien senties dans des ouvrages spécialisés ou des travaux scolaires, ce même regard les renvoyait à leur sommeil sans vie.

Mais un personnage de théâtre, pour vivre, doit s'arracher à la fixité de sa forme, émerger d'entre les pages, rechercher la lumière qui saura définir ses contours et illuminer de son reflet celui ou celle qui l'incarnera et ceux qui l'entendront. Il a besoin, le personnage, qu'on l'essaie sur soi comme un vêtement, comme une autre peau; l'oeil amoureux ou critique d'un lecteur ne lui suffit pas, être regardé n'est pas assez. Il a besoin d'être entendu, et c'est seulement à travers la chair et l'humanité des acteurs et actrices qu'il deviendra vivant. « Ce soir, La reprise est jouée », comme dit Satin au Beurre à la fin de la pièce.

Gauvreau nous convie à une sorte de jubilation fiévreuse par le regard mordant et critique qu'il porte sur une société qui l'étouffait et qui trouve un écho surprenant encore aujourd'hui. Donner à voir l'univers de Gauvreau par les personnages de La reprise impliquait un processus de réappropriation du texte. J'ai fait des modifications importantes, réorganisé pour la scène un texte que Gauvreau avait écrit en se servant de la technique des séquences télévisuelles. Les concepteurs et moi avons imaginé un cadre qui rendrait justice à l'univers onirique et mythique de Gauvreau. Tout dans la proposition porte la mémoire du théâtre. Nous avons trouvé, je crois, une voie qui nous a permis de cheminer avec bonheur et fantaisie, parfois avec gravité et douleur, à travers les multiples avenues que nous offrait la pièce. Finalement, nous avons tous eu, au fond, envie de raconter une histoire d'amour à travers cette très belle fable qu'est La reprise.

Michèle Magny

Production

une création du Théâtre d'Aujourd'hui