Quand le vautour danse

d'Abla Farhoud

une création du Théâtre d’Aujourd’hui en collaboration avec Cercle Vertueux Dansethéâtre

Salle principale

du 19 septembre au 17 octobre 1997


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RÉSUMÉ

Au moment où Suzanne, une chorégraphe de 35 ans, tente de créer une oeuvre par laquelle elle réglera ses comptes avec son passé, son frère ainé, Simon, surgit dans sa vie, en proie à une folie dévastatrice. Des scènes du passé et du présent alternent avec des séquences du spectacle chorégraphique naissant.

texte Abla Farhoud mise en scène Guy Beausoleil chorégraphie et interprétation Dulcinée Langfelder interprétation Simone Chartrand, Lina Cruz, Daniel Éthier, Jean Maheux assistance à la mise en scène et régie Annick Nantel scénographie Martin Ferland costumes, masques et maquillages Nicole Morin éclairages Jean-Charles Martel musique originale Robert-Marcel Lepage voix Isabelle Rajotte

texte

Abla Farhoud

mise en scène

Guy Beausoleil

chorégraphie et interprétation

Dulcinée Langfelder

interprétation

Simone Chartrand

interprétation

Lina Cruz

interprétation

Daniel Éthier

interprétation

Jean Maheux

Félix Leclerc répondit à un jeune auteur-compositeur pressé que ses oeuvres soient chantées: « C'est pas des légumes que t'as à vendre, ça défraichira pas sur l'heure, fait que, assis-toi donc, calme-toi, puis continue! » Cette réplique (que je reproduis de mémoire) d'un maitre qui en avait vu d'autres... m'a fait rire et m'a calmée. Je me suis donc assise pendant dix ans et j'ai écrit six autres pièces et un roman.

Entre deux pièces, question de me reposer un peu, je réécrivais. Une femme, un lit est devenue La camisole rouge qui est devenue Babylone devenue Babylone rouge, Baby alone, La Corde raide, La déesse Vautour, pour enfin devenir Quand le vautour danse... que je verrai sur une belle grande scène, ce soir, pour la première fois avec vous, dirigée, chorégraphiée, jouée, dansée, éclairée, costumée, décorée, musiquée... J'ai hâte!

Depuis 1987, même si elle ne faisait que l'aller-retour de mon tiroir à ma table avec une lecture publique de temps en temps, la pièce a bougé, mais l'émotion de base qui la sous-tend est restée la même. Y'a pas de maman, pas de papa, y'a plus de grand frère, plus de grande soeur. Tu es toute seule, Suzanne. T'es toute seule, ma grande!

Et la question de base, aussi, reste inchangée, tant que je ne trouverai pas de réponse: Peut-on transformer notre destin?

Abla Farhoud

Ce jour-là, j'allais rencontrer Abla Farhoud. Chemin faisant, je croise une librairie d'occasion. Ces établissements exercent sur moi un attrait sensuel comme lorsque l'on passe devant une boulangerie et que l'on hume des effluves d'amande et de beurre frais.

J'étais en avance; je suis entré.

Sans savoir au juste pourquoi, je me suis dirigé vers un étalage en forme de pyramide constitué de monographies de grandes villes du monde, de livres d'art. J'ai tout de suite remarqué un titre: Art et Folie. Je me suis dit: « Tiens la pièce de Abla danse précisément avec ce thème ». Je le prends, le feuillette. Ce sont des images peintes par des malades mentaux, des psychotiques, des schizophrènes. Je suis saisi. Les images sont dérangeantes à plus d'un titre. La force de l'expression au-delà du savoir-faire.

Je tombe sur une image qui me bouleverse: Le Vautour de la paix emmenant dans son bec l'Ange de la paix dans l'Élysée. Je me dis: « C'est la pièce de Abla! Cet oiseau rouge sang au museau de crocodile, à la poitrine de matriarche qui enserre dans ses crocs une petite femme ailée et hurlante sur fond de ciel bleu et noir, c'est l'âme de Quand le vautour danse ». J'ai évidemment acheté le livre. J'avais hâte de le montrer à mon auteure... Elle n'en est pas revenue. Notre collaboration débutait par un heureux hasard.

Mais tout le monde sait que le hasard n'est que l'autre nom du destin.

Guy Beausoleil 

Quand on m'a demandé de chorégraphier Quand le vautour danse, j'ai dit oui en espérant aussi pouvoir jouer le rôle de Suzanne - parce que j'aime bien danser et manger en même temps.

Étant presque aussi chorégraphique que dramatique, cette pièce présente le genre de défi qui me fascine depuis toujours. L'intertissage formel du mouvement et du théâtre me séduit autant que l'intertissage thématique de cette histoire d'amour sans solution et sans fin, et le processus créatif qui est tout aussi éternel et universel. Malgré, et à cause de nos histoires humaines douloureuses, comme dit si bien Abla: « Quelque part dans le monde, quelqu'un continue de ciseler une prière sur un grain de riz. Inlassablement. »

Je tiens à remercier Jacqueline Lemieux, Paul-Antoine Taillefer et Katherine Juteau qui ont participé à l'atelier de cette pièce l'an dernier et qui ont beaucoup contribué à son dépistage chorégraphique.

Dulcinée Langfelder

PUBLICATION

Quand le vautour danse
Abla Farhoud
14,00$
Disponible à la bouquinerie

Production

une création du Théâtre d’Aujourd’hui en collaboration avec Cercle Vertueux Dansethéâtre