The Dragonfly of Chicoutimi

de Larry Tremblay

une production du Théâtre d'Aujourd'hui

Salle Jean-Claude-Germain

du 27 au 31 janvier 1999


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RÉSUMÉ

À la suite d'un traumatisme, un homme perd l'usage de sa langue maternelle: le français. Aliéné, il fait le récit de sa vie dans un anglais fabriqué de toutes pièces.

texte et mise en scène Larry Tremblay interprétation Jean-Louis Millette assistance à la mise en scène et régie Josée Kleinbaum scénographie Mario Bouchard costume Amaya Clunes éclairages Michel Beaulieu musique originale Philippe Ménard maquillage Jacques-Lee Pelletier

texte et mise en scène

Larry Tremblay

interprétation

Jean-Louis Millette

Vous avez cinq ans. Vous ne savez pas que vous êtes un enfant. Vous avez oublié. Vous dormez. Vous rêvez. Dans votre rêve, il y a une rue. Elle est noire, elle est mouillée. Il y a des moments où cette rue se confond avec des éclats de lumière. Vous clignez des yeux. Vous pensez: j'ai un visage. Vous arrivez devant une porte. Vous la reconnaissez: c'est la porte de votre maison. Vous vous retournez, vous reconnaissez la rue que vous venez de traverser: c'est votre rue. Vous êtes soulagé. Vous commencez à devenir ce que vous êtes: vous-même. Vous pensez: j'habite ici, derrière cette porte vivent ma mère, mon père, mes frères, mes soeurs. Vous sonnez, vous frappez. Rien. Vous frappez plus fort, vous appelez, vous criez: c'est moi, c'est moi! La porte s'ouvre. Une femme se tient devant vous. Elle vous regarde, elle vous dit: oui? Vous lui répondez: c'est moi. Elle vous regarde, elle vous dit qu'elle ne vous connait pas. Vous souriez. Vous lui dites que vous trouvez ça drôle. Elle ferme la porte. Vous êtes étonné. Vous criez de nouveau. La porte s'ouvre. Un homme se tient devant vous. Il vous demande de vous en aller. Vous vous sentez obligé de dire: j'habite ici. L'homme ne dit rien et referme la porte. Vous tremblez. Vous pleurez. Vous frappez avec vos poings la porte. Vous criez: maman, maman, papa, papa, c'est moi! Rien. Vous vous réveillez. Vous n'êtes plus vous-même. Vous êtes une personne perdue qui a perdu quelque chose. Vous ouvrez la bouche. Vous ouvrez, vous ouvrez...

Gaston Talbot, le personnage du Dragonfly de Chicoutimi, est un enfant perdu parce qu'il a perdu sa langue maternelle. Il a peur, il rit, il pleure, il rêve, il raconte sa vie avec les mots d'une autre langue.

Le mot dragonfly évoque un dragon volant, force mâle qui tempête dans le ciel. « Libellule », sa traduction française, zigzague doucement et évoque une danse légère. Les mots sont-ils des masques? Déforment-ils ceux qui les profèrent? Gaston est-il ce qu'il parle ou ce qu'il a vécu? J'ai voulu traquer le faux sous le vrai et vice versa. Démasquer un personnage, visage après visage, jusqu'au miroir.

Larry Tremblay

...Gaston Talbot

Gaston me parle au coeur.

Il me ramène à l'enfance, à la poésie, à la grâce.

Il veut me pousser au bout de la générosité.

Et c'est un retour vers l'âme, vers une émotion cruelle, sauvage, violente comme l'amour et comme le théâtre, quand il a la prétention de se faire grand.

Jean-Louis Millette

ARCHIVES

The Dragonfly of Chicoutimi
saison 95/96
création

The Dragonfly of Chicoutimi
saison 96/97
en reprise

Production

une production du Théâtre d'Aujourd'hui