i/O

Dominique Leclerc

une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui et de Posthumains

Salle Michelle-Rossignol

16 novembre au 4 décembre 2021


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RÉSUMÉ

Quatre ans après Post humains, Dominique Leclerc poursuit sa réflexion sur l’ampleur grandissante des technologies visant à nous améliorer et à refuser notre finitude. Accompagnée sur scène de Jérémie Battaglia et Patrice Charbonneau-Brunelle, elle livre avec i/O une nouvelle création intimiste et sensible pour appréhender la fragilité de l’humain et ses implications. Une invitation douce et franche à inventer d’autres futurs.
 
La créatrice s'intéresse depuis plusieurs années aux espoirs, croyances et paradoxes générés par les techno-utopies, tout en interrogeant notre capacité à encadrer ces nouveaux possibles. Mêlant récit, autobiographie et documentaire, elle explore les fictions qui nous forment et qui nous façonnent et construit en direct une archive destinée aux humains de demain. Sommes-nous les derniers spécimens issus de la génétique du hasard? Comment (re)penser notre éphémérité et notre devoir de passation à l'aune de ces transformations? 
 
texte, mise en scène et interprétation Dominique Leclerc mise en scène Olivier Kemeid partenaire de création, scénographie et interprétation Patrice Charbonneau-Brunelle vidéo et interprétation Jérémie Battaglia assistance à la mise en scène et régie générale Anne-Sara Gendron dramaturgie Émilie Martz-Kuhn costumes Leïlah Dufour Forget éclairages Marie-Aube St-Amant Duplessis conception sonore Andréa Marsolais-Roy maquillages et coiffures Justine Denoncourt traduction des verbatims David Laurin collaboration au mouvement Marilyn Daoust assistance à la scénographie Ximena Pinilla régie vidéo Zachary Noël-Ferland intégration vidéo Pierre Laniel direction de production Gwenaëlle L'Heureux-Devinat direction technique de création Simon Cloutier direction technique en salle Guillaume Lafontaine-Moisan

texte, mise en scène et interprétation

Dominique Leclerc

mise en scène

Olivier Kemeid

partenaire de création, scénographie et interprétation

Patrice Charbonneau-Brunelle

vidéo et interprétation

Jérémie Battaglia

assistance à la mise en scène et régie générale

Anne-Sara Gendron

dramaturgie

Émilie Martz-Kuhn

costumes

Leïlah Dufour Forget

éclairages

Marie-Aube St-Amant Duplessis

conception sonore

Andréa Marsolais-Roy

maquillages et coiffures

Justine Denoncourt

traduction des verbatims

David Laurin

collaboration au mouvement

Marilyn Daoust

assistance à la scénographie

Ximena Pinilla

régie vidéo

Zachary Noël-Ferland

intégration vidéo

Pierre Laniel

direction de production

Gwenaëlle L'Heureux-Devinat

direction technique de création

Simon Cloutier

direction technique en salle

Guillaume Lafontaine-Moisan

 i/O

Input : les récits qui nous ont formé∙e∙s
Ouput : les récits que nous formulons à notre tour

Me voici plongée depuis longtemps dans un univers où on réclame une liberté quasi totale quant au fait de modifier nos corps, notre cerveau, notre génétique, notre rapport à la mort. J'y avance depuis les tous débuts avec un immense souci de nuance. Je le dis souvent : c'est trop gros pour se placer au-dessus, trop gros pour balayer ça du revers de la main. Mais malgré cette envie de mettre du gris partout, je constate avec désarroi que les cerveaux qui (re)pensent l'être humain de demain sont très similaires à ceux qui détiennent le pouvoir depuis toujours. En ce sens, en début de projet, je m'étais donnée pour défi d'intégrer le cercle de ces décideurs avec mon bagage, ma bonne foi et une envie profonde de résister aux utopies et aux dystopies. C'était bien parti. Jusqu'à ce que tout bascule.

Sans grande surprise, la complexité des questions qui me préoccupaient jadis a été exacerbée par cette crise sanitaire que nous traversons toujours. Je me suis dit que j'avais besoin de plus de temps, que je n'avais pas la distance, je ne l'ai toujours pas d'ailleurs. Bref. J'ai figé comme beaucoup de créateur·trice·s autour de moi. Et quand j'ai voulu réintégrer cette mission, je me suis retrouvée en pleine science friction. C'est-à-dire que la réalité à laquelle mes proches et moi-même étions confronté·e·s s'est mise à se fracasser aux récits qu'on m'avait partagés auparavant.

À l'inverse, certains instincts ont trouvé ancrage au fil du temps... Comme ceci.
Depuis peu, des algorithmes sélectionnent mes souvenirs.
Sans avoir demandé quoi que ce soit, on me suggère maintenant ce dont je devrais me rappeler.
J'observe avec fascination cette archive de mon existence se mettre en place.
Et bien sûr, je cherche la faille...
Qu'est-ce qui leur manque?

À peu près la moitié de ma vie.
Dans mon cas, c'est générationnel.
Cinquante pourcent de mes souvenirs existent à travers des objets physiques ou dans ma tête.

À moins d'une catastrophe naturelle imminente, ces intelligences artificielles qui croient me connaître mieux que ma mère me survivront.
Et pour le moment, je dis bien pour le moment, je ne veux pas qu'un∙e avatar ne prenne le relais de mon existence après ma mort. Car pour le moment, je dis bien pour le moment, pendant que tout va bien, je crois être en paix avec l'idée de mourir.

Je suis consciente que depuis vingt ans (exactement), je consens à ce que les milliers d'informations que je génère en ligne au quotidien ne m'appartiennent plus.
Autrement dit, je consens un peu plus chaque jour à ne plus m'appartenir.
J'assume.
Mais, après?
Aurai-je un quelconque droit de regard sur ce que je veux laisser derrière moi?
Et si je souhaitais tout simplement disparaitre?
Aurais-je le droit de disparaitre?

Avec i/O, je revisite la notion de lègue, de rituel.
C'est une invitation à célebrer notre imperfection et notre éphémérité - car qui sait si ces tares intrinsèques à notre espèce que tant de gens souhaitent enrayer, ne finiront pas par nous manquer un jour.

À cheval entre religion, science, philosophie, techno-utopisme, urgence environnementale, valorisation de la jeunesse, pression de la maternité, fictions et réalité, je me suis souvent perdue.

Je me suis laissée inspirer par des voix qui ne sont pas en négation de notre destin technologique, mais qui englobent plusieurs notions oubliées par l'extrême rapidité de notre transformation. En créant de nouveaux récits et en encourageant nos imaginaires, la philosophe Donna Haraway nous convie à répondre aux temps troubles que nous traversons en les habitant pleinement. « Habiter le trouble » : la seule posture qui me semble réaliste pour le moment.

i/O est né de l'envie de répondre à cette invitation.

Dominique Leclerc

 

RAPPELER LES MORTS AUX VIVANTS

Quand Dominique m’invite à mettre en scène avec elle i/O, mes seules connaissances sur le sujet des biotechnologies et du transhumanisme proviennent d’un spectacle de théâtre : Post humains, d’une certaine Dominique Leclerc… Pour le reste, zéro. C’est donc en tant qu’imposteur de première classe que j’accepte, plongeant dans cette aventure science-fictionnelle, documentée, réflexive, mais aussi profondément intime. Et tranquillement, au-delà des questions d’avenir, est apparu le passé : ce qui nous a construit, ce qui nous a formé, ce que nous avons reçu. Ah, sur ce terrain, j’étais davantage outillé! Car si je ne sais pas toujours où aller, au moins puis-je chercher à savoir d’où je viens… Dans ce devoir de passation, dans ce rappel d’une histoire à la fois intime et collective, nous nous sommes retrouvés, fragiles humaines et humains parmi tant d’autres, cherchant à rebâtir un fil que l’on perçoit trop souvent brisé. Oui, pour inventer un autre futur, il nous fallait bien recréer un passé. Peut-être pour mieux se libérer de certaines chaînes, tout en rappelant la beauté parfois des cycles, des continuités, des rituels. Ce faisant, accomplir ce qu’il y a de plus important au théâtre à mon sens : rappeler les morts aux vivants.

Olivier Kemeid 

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui est entièrement dédié à la dramaturgie d’ici. Depuis plus de cinquante ans, il supporte la création, la production et la diffusion d’œuvres québécoises et canadiennes d’expression française. Il défend un théâtre d’auteur ainsi qu’une réflexion moderne et sans compromis sur les enjeux contemporains.

Adhérer au CTD’A, c’est laisser sa trace dans l’histoire ; la nôtre, celle qui s’écrit au présent. 
 

Duo composé des artistes Patrice Charbonneau-Brunelle et Dominique Leclerc, la compagnie Posthumains s'intéresse aux impacts du développement des technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et sciences cognitives) sur l’individu et sa société. Leurs projets explorent la forme documentaire au théâtre en incluant autofiction, performance et implication du spectateur. À l'heure où la pensée humaine et l'État peinent à rattraper la vitesse exponentielle de l'évolution technologique, leurs pièces de théâtre, performances et installations créent un lieu de rencontre et de dialogue entre les créateurs de ces nouvelles technologies, leurs utilisateurs, et les néophytes.

LA SERRE est un incubateur structurant pour l’amélioration des conditions d’exercice des artistes émergents en arts vivants. Elle les accompagne dans le déploiement de leurs œuvres à partir de l’idéation jusqu’à leurs rencontres avec les publics. Elle aide l’artiste à développer son autonomie, sa maturité organisationnelle et son indépendance artistique. LA SERRE agit comme activateur de collaborations entre les artistes et les différents partenaires locaux, nationaux et internationaux ainsi qu’entre les artistes de différentes disciplines artistiques et d’autres secteurs d’activités. Artistiquement, LA SERRE privilégie des projets qui tissent des liens évocateurs entre les arts et la société et qui favorisent la rencontre entre les différents champs disciplinaires et sectoriels.

Le mandat de LA SERRE se déploie en trois axes d’activités :

  • Artistes : soutien de projets en production déléguée
  • Événements : conception et production d’événements dédiés à l’émergence
  • Ateliers : espaces de recherche et de collaboration pour la communauté, développement des pratiques

Nouvelle

Publié le 05/10/21

Une discussion entre Dominique Leclerc et Rose-Aimée Automne T. Morin!

Le 1er décembre, Rose-Aimée Automne T. Morin est l’invitée de Dominique Leclerc pour une discussion à l’issue de la représentation! Autrice et journaliste, Rose-Aimée travaille sur de nombreux sujets qui font écho à ceux soulevés par Dominique avec i/O : féminisme, vieillissement, rapport au corps et au numérique… Une rencontre pour interroger, élargir et approfondir les questions posées par cette création et réfléchir ensemble à notre futur.

Extrait

Publié le 31/08/21 i/O de Dominique Leclerc

« Le futur s'annonce excitant
Multiple
Déroutant
Assurément autre »

En savoir plus

Publié le 17/08/21

Dominique Leclerc conférencière

À travers son travail artistique, Dominique Leclerc a plongé dans l'univers et les questions de celles et ceux qui pensent l'humain de demain: transhumanistes, techno-utopistes ou encore posthumanismes. Elle est régulièrement invitée pour échanger sur ces thématiques complexes et passionnantes lors de conférences. Suivez son actualité de conférencière et découvrez en plus sur ses interventions sur ce lien! 

Nouvelle

Publié le 13/11/20

Patrice Charbonneau-Brunelle et Dominique Leclerc, le duo au coeur de la compagnie Posthumains!

Dirigée par les artistes Patrice Charbonneau-Brunelle et Dominique Leclerc, la compagnie Posthumains s'intéresse aux impacts du développement des technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et sciences cognitives) sur l’individu et sa société. Leurs projets explorent la forme documentaire au théâtre en incluant autofiction, performance et implication du spectateur, pour créer un lieu de rencontre et de dialogue entre les créateurs de ces nouvelles technologies, leurs utilisateurs, et les néophytes.

Médias

Publié le 13/11/20

Dominique Leclerc en entrevue dans Sans filtre!

Lors d'une performance, Dominique Leclerc s'est faite implanter une puce RFID dans la main. Similaires à des cartes magnétiques, ces puces peuvent stocker des données, ouvrir des lumières ou nos ordinateurs... Et c'est une des premières technologies à visée non médicale ou curative qu'il est possible de s'implanter. Est ce que cela fait d'elle une cyborg? Elle revient sur ce vaste sujet dans cette entrevue passionnante avec Rose-Aimée Automne T. Morin! 

TARIFS

30 ans et - 29,75 $
60 ans et + 35,75 $
Régulier 39,75 $

ACCESSIBILITÉ

 
Les places réservées pour les personnes à mobilité réduite et leur accompagnateur·trice n’apparaissent pas sur le plan de salle. Veuillez téléphoner à la billetterie pour connaitre les disponibilités (514 282-3900). 

RELATIONS DE PRESSE

RuGicomm
Véronique Gravel

(514) 759-0494

PUBLIC SCOLAIRE

Nous proposons un tarif réduit à 20$ pour les groupes de 20 étudiant·e·s ou plus. Toutes les informations sont disponibles ici.

Niveaux scolaires : secondaire 2e cycle, collégial, universitaire.

Thèmes abordés : techno-utopies, futur, transmission, philosophie, deuil.

Un dossier pédagogique sera disponible sous peu. 

Pour toute réservation, merci de contacter Luc Brien.

PRODUCTION

une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui et de Posthumains

en collaboration avec LA SERRE – arts vivants

avec le soutien de : 
Conseil des arts du Canada
Conseil des arts et des lettres du Québec
Conseil des arts de Montréal
L'Office national du film du Canada
Posthumanism Research Institute de Brock University. La recherche en marge de la création du spectacle a été en partie financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
CEAD - Centre des auteurs dramatiques