La version qui n’intéresse personne
d’après le roman d’Emmanuelle Pierrot
Une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, du Théâtre du Trident, et du Théâtre de l’Affamée, en coproduction avec le Théâtre de l’OEil
Salle Michelle-Rossignol
15 septembre au 17 octobre 2026
2 h 15 sans entracte
Ce spectacle comporte de la fumée de scène, des effets sonores à haut volume, de la nudité partielle ainsi que des scènes de sexualité et de consommation de drogue simulées. Il aborde également des thèmes pouvant être difficiles pour certaines personnes, notamment le suicide ainsi que des situations de violence verbale, psychologique, physique et sexuelle.
Représentation offerte en audiodescription

À dix-huit ans, Sacha et Tom quittent Montréal pour Dawson City, au Yukon. Le duo trouve enfin l’espace de liberté dont il rêvait, rythmé par les jobs saisonnières, les road trips, les rencontres éphémères et les nuits blanches, dans l’immensité d’un Nord où tout semble possible. Mais lorsque Sacha tombe amoureuse, l’équilibre se rompt. Les rumeurs circulent. Ce qui était refuge devient tribunal, et le piège se referme sur elle.
Roman marquant d’Emmanuelle Pierrot, La version qui n’intéresse personne a trouvé un large écho grâce à la précision de son regard et l’intensité brute de son écriture. Marie-Claude St‑Laurent et Marie‑Ève Milot en proposent une adaptation scénique fidèle à leur démarche féministe et font entendre la parole lucide et frontale d’une femme qui refuse de porter seule le poids du jugement.
Interprétation
Mot de l’adaptatrice
En plein plexus
Entrer si profondément dans l’œuvre, dans la tête et dans le cœur d’une artiste et humaine aussi incandescente, talentueuse, brute, lucide, bouleversante, crue, drôle et généreuse, c’est une odyssée. Je ne sais pas si c’est moi qui ai fait la traversée ou si c’est l’œuvre qui m’est passée au travers. Les deux, peut-être, sûrement. J’ai aimé chacune de mes lectures du roman. Et il y en a eu beaucoup. Chaque fois, j’ai reçu l’histoire de cette violence en pleine gueule, en plein plexus. Crisse que j’aime cette langue, cette Sacha.
Pierrot a créé un personnage, une jeune femme, qui choisit de vivre et de trouver réparation en se racontant à une autre femme, inventée. Il y a dans ce geste d’imaginer pour survivre toute ma raison d’être, mon envie d’être, de créer. Le récit de Sacha devient un acte d’amour envers elle-même et envers nous toutes, femmes et personnes qui ont vécu des agressions. Et nous sommes innombrables.
Dans cet espace rêvé où deux femmes se rejoignent, nous nous sommes senties interpellées, Marie-Ève et moi, interpellées au plus profond de notre féminisme, puisque c’est cette perspective sur le sujet qui nous réunit : Pierrot, Sacha, Marie-Ève et moi. C’est cette posture que j’ai prise pour approcher l’adaptation, celle de l’alliée qui écoute d’abord, sans jugement, celle qui retient l’essentiel, qui prend soin des détails et surtout qui, à travers la densité et la complexité, se fait gardienne du fil. Ici, le fil de la violence misogyne, puisque c’est de lui dont il s’agit, puisque c’est bien ce fil qu’il faut apprendre à défaire dès son apparition.
— Marie-Claude St-Laurent
Mot de la metteuse en scène
Dès ma lecture du roman de Pierrot, j’ai su qu’il fallait faire de cette lectrice à qui Sacha s’adresse, une spectatrice.
Nous y voici. Sacha fait le choix conscient de vivre. Et de te parler.
J’ai fabriqué avec cette équipe merveilleuse des petits îlots sensoriels oscillant entre obscurité, aurores boréales, cabanes off-grid et soleil qui ne se couche jamais. La musique est omniprésente, là pour réchauffer, pour communier, pour exulter. C’est de ces contours de ténèbres et de grande beauté que surgit la version de Sacha. Son récit traverse les jours, les saisons, les événements dans un rythme particulier, celui que choisissent les mémoires fragmentées d’une survivante. Je rêvais pour elle d’un espace qui est une sensation du Yukon, quelque chose comme un horizon qui fait sentir petit·e et miraculé·e tout à la fois, un ciel-bâche, un ciel-couverture de survie, un ciel qui pourrait être la rivière Klondike tout juste avant le break-up des glaces sur lequel parient chaque année les Dawsonites, dans l’espoir du printemps… Parce que c’est bien là où nous sommes, à l’intérieur de Sacha, tout juste avant son break-up.
La présence des chiens est manifeste dans le texte original et occupe aussi une place importante dans notre proposition scénique. Ça a été ma première intuition : faire de Luna, ce gros chien-loup femelle, l’un des personnages principaux, une marionnette. Il y a cette relation d’amitié fusionnelle avec Tom qui sera dévastatrice, mais il y a aussi, et surtout, cette relation d’amour inconditionnel entre Sacha et Luna qui sera salvatrice.
À toutes les victimes de violences intimes qui ont l’urgence d’être entendues, à toutes les Sacha qui cherchent toujours leurs allié·es. Pour vous, nous ouvrons nos gueules de chiennes.
— Marie-Ève Milot
Théâtre de l’Affamée

Les Affamées s’investissent à (re)créer et à faire (re)vivre une culture des femmes en mettant en lumière leurs expériences dans les sphères privées, sociales, politiques et artistiques. C’est par une analyse féministe intersectionnelle des sujets abordés et du processus créateur qu’elles affirment leur engagement.
Fondé en 2011 par le duo de créatrices Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, le Théâtre de l’Affamée produit son premier spectacle en 2012, Cœur à scrap – Portrait d’une famille reconstituée, à la salle intime du Théâtre Prospero. Leur toute première création, Walk-in ou se marcher dedans, y avait été présentée en autogestion en 2009, après avoir remporté le prix du meilleur texte francophone du Festival Fringe.
En 2013, elles développent avec Marie-Claude Garneau une conférence-performance présentée dans différents événements féministes, puis publiée sous la forme d’un documentaire indiscipliné, La Coalition de la Robe, aux Éditions du remue-ménage en 2017. Invitées par Jacques Piperni, elles créent Débranchée/Unplugged, finaliste au prix Louise-Lahaye en 2017, qui tourne à travers le Québec jusqu’en 2025.
En 2018 et 2019, elles sont artistes en résidence à la salle Jean-Claude-Germain du CTD’A, où sont créées Chienne(s) et Guérilla de l’ordinaire, cette dernière étant finaliste au prix Michel-Tremblay en 2019. Durant cette période, elles militent également activement auprès des Femmes pour l’Équité en Théâtre. En 2018, elles réactivent avec Marie-Claude Garneau la collection de théâtre féministe aux Éditions du remue-ménage en fondant La Nef, dont elles assurent la direction littéraire.
Membres du comité de direction du Chantier féministe de l’Espace Go en 2019, elles collaborent à l’étude menée par des chercheuses du Réseau québécois en études féministes (RéQEF). Marie-Ève Milot représente également la compagnie dans le cadre de la création du prix Jovette-Marchessault.
En 2022, Sappho est présentée en coproduction au Théâtre de Quat’Sous. En 2023, Clandestines est créée et coproduite avec le CTD’A à la salle Michelle-Rossignol. En 2026, le texte, finaliste au prix Michel-Tremblay et traduit en allemand par Sonja Finck et Frank Weigand, vaut au duo d’autrices une nomination au prix de l’Auteur international de la 43e édition du Heidelberger Stückemarkt, en Allemagne.
Théâtre de l’Œil

Fondé à Montréal en 1973 par André Laliberté, le Théâtre de l’Œil se consacre à la création, à la production et à la diffusion d’œuvres de théâtre de marionnettes principalement destinées au jeune public, tout en développant également, à l’occasion, des créations pour les adultes. Directeur général et artistique de la compagnie pendant plus de 45 ans, André Laliberté a marqué de manière déterminante son développement et son rayonnement, avant de passer le flambeau à Simon Boudreault en 2020.
La compagnie développe un langage scénique singulier où l’art marionnettique, le théâtre visuel et les écritures contemporaines se rencontrent. Reconnue pour l’ingéniosité de ses conceptions et la richesse de ses collaborations, elle occupe une place importante dans le paysage culturel québécois. Depuis plus de 50 ans, le Théâtre de l’Œil contribue à l’évolution de l’art de la marionnette, tout en participant activement au développement des publics par la médiation culturelle et la transmission des savoirs. À ce jour, la compagnie compte 33 productions et a présenté près de 6 000 représentations au Québec, au Canada et à l’international, rejoignant plus de 1,4 million de spectateurs, jeunes et moins jeunes.
Remerciements et soutien
Marie-Ève Milot remercie…
Merci à Marie-Claude St-Laurent : t’es ma best bitch ever. Avec cette adaptation, tu as tiré sur le fil de la violence misogyne et tu l’as fait avec délicatesse, intelligence et respect. Cette spectatrice à qui Sacha parle, dans mon imaginaire (et dans la vraie vie), c’est toi.
Merci à Melissa Iguer de porter cette Sacha à bout de bras et de cœur. Mon amour pour toi est grand comme les sommets pleins de neige de la chaîne de l’Alaska. Merci à Karl Bobanovits, Catherine De Léan, Gabriel Samson I, Ines Sirine Azaiez, Lyraël Dauphin, Vincent Roy et Daniel D’Amours de former ce chœur de punk libre, attachant et complexe. Je vous choisirais encore et encore.
Merci à Josianne Dulong-Savignac pour l’assistanat de feu. Merci pour ton regard précieux, rassurant, et tranchant. Quand j’aime une fois j’aime pour toujours.
Merci à l’équipe de conception pour cet objet scénique intuitif et sensible. Paul Chambers (avec l’assistance de Jordanna Natale), pour l’univers lumineux qui réagit au mouvement et qui suit la mémoire indisciplinée de Sacha de si belle façon. Antoine Berthiaume (avec la collaboration de Cadmium), pour cette traversée musicale de plus de deux heures qui allie le folk punk à une plongée intérieure radicale, abyssale. Ève-Lyne Dallaire et son équipe, pour cette Luna aux yeux vairons aussi vivante et pour avoir donné corps à ce chœur de punks à chiens. Julie Lévesque (avec l’assistance de Sarah Dubé), pour l’histoire de chaque vêtement porté, et le soin de traduire l’esprit de cette communauté de manière si juste. Ariane Sauvé, pour l’espace qui fait (re)vivre des fragments de la version de Sacha, comme des sensations fortes. Charlotte Castel, pour le freestore qui nous parle du savoir-faire et défaire du mode de vie nomade des personnages et pour l’évocation de certains lieux. Simon Boudreault, pour sa direction marionnettique précise et inspirée. Maryse Gosselin (avec Stephanie Bourgault), pour les maquillages, les tatouages, les piercings, les coiffures aux mille couleurs de ces personnages. Gabrielle Couillard, pour la finesse de cette grande chorégraphie de voix, et les touches de poésie sonore là où il faut. Merci à Marjorie Bélanger, assistée d’Annemarie Maeng, à Xavier Côté, assisté de Jannick Perron, pour les après-répétitions all dressed, pour avoir réglé TOUS les problèmes, pour l’accueil, la complicité de tous les instants, la prise en charge toujours efficace et bienveillante. Merci à Jen Viens pour la douceur et la clarté avec laquelle les chorégraphies d’intimité se sont construites. Merci à Alexis Ayotte pour les captations annotées qui ont changé ma vie et la bonne humeur dans ce stage.
Et merci à Michel Huneault pour l’ensemble de son œuvre, mais surtout pour être cet amoureux à l’écoute et cet allié rare.
Marie-Claude St-Laurent remercie…
Merci Pierrot, pour ta confiance, pour le partage sensible et les jokes punk. Merci Alexie Morin pour ton exigence qui propulse. Merci Maxime Allen pour tes lumières sur le texte quand je n’y voyais plus rien. Merci Josianne Dulong-Savignac, reine du soutien, des féministeries et des multiples changements ainsi qu’à Alexis Ayotte pour le suivi. Merci à la distribution si inspirée, à toute l’équipe de création brillante et vive, à vous qui avez nourri le texte.
Milot, je t’ai gardée pour la fin. Ma précieuse précieuse alliée. La seule personne au monde qui peut comprendre ce qui n’est pas encore sur le papier parce que resté pris dans ma tête ; celle avec qui je partage ce rare niveau d’intensité ; celle qui arrive à tout sublimer. Il n’y a rien que j’aime plus faire que du théâtre féministe avec toi.
(Ok, non, un petit dernier. Merci à François et Albert Lachapelle qui ont beaucoup BEAUCOUP entendu parler de La version qui n’intéresse personne à la maison. Je vais arrêter. Peut-être.)
Le Théâtre de l’Affamée remercie…
Merci à Sylvain Bélanger, Olivier Arteau, Simon Boudreault et Joël Losier qui ont dit oui, un oui engagé, présent et dans la joie. Merci à Mélissa Pietracupa, Marcelle Dubois et Johanne Haberlin pour votre appui humain et artistique. Merci à toutes les personnes dévouées du CTD’A, du Trident et du Théâtre de l’Œil.
Merci spécial à Robert St-Laurent qui continue de prêter son cœur et son cerveau de comptabilité au Théâtre de l’Affamée.
Merci à toutes les personnes qui sont venues auditionner, ces rencontres sont un privilège immense.
Merci chaleureux à Jadis Amiral (voix), Noémie Adsuar (accordéon) et Aurélie Tessier (clarinette) du groupe Cadmium pour leur précieuse collaboration musicale, ainsi que Pabst pour sa généreuse contribution en accessoires.
Merci au Conseil des arts du Canada, au Conseil des arts et des lettres du Québec et au Conseil des arts de Montréal, votre soutien change tout.
En tournée
4 au 28 novembre 2026
Québec
Le Trident

Images
16 septembre 2026
Les photos du spectacles

Images
27 août 2026
En répétition
Équipe de création
Accessoires
Maquillages et coiffures
Coupes et colorations
Marionnettes
Direction marionnettique
Conseil dramaturgique
Coordination d’intimité
Régie générale
Sonorisation
Fabrication des marionnettes
Ève-Lyne Dallaire, Fany McCrae, Richard Morin, Aidan Sparks, Heidi Turcot et Clémentine Verhaegen
Stagiaire en assistance à la mise en scène
Audiodescription
Lorette Dimnet
Chefs machinistes
Chef·fes lumière
Emmanuel Bossé-Messier, Camille Bourgault, Joëlle Gagnon et Naomy Mercier
Cheffe son
Équipe technique
Mehdi Agnaou, Alyson Beaudoin, Thomas Cloutier-Guay, Sim D’Haese, Hedwige Dumont, Nicolas Dupuis, Mathieu Francoeur, Cecília Fullin Gracelli, Kym Gosselin, Evelyne Londeil-Shortall, Marie Lépine, Simon Malouin, Louis Martz, Jérémie Poirier, Adrien Poulin, Chloé Rivest, Des Cendres Rivière et Marie-Jeanne Rizkallah
Construction des décors
Productions Yves Nicol Inc.

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Salle Jean-Claude-Germain
20 avril au 8 mai 2027

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