Le Palais des Glaces
David Paquet
Une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, du Théâtre du Double signe et du Théâtre À tour de rôle
Salle Michelle-Rossignol
10 novembre au 5 décembre 2026

Texte
Virginie se déterre d’entre les morts avec une seule envie : manger un cornet. Mais la crème glacée coûte dorénavant 275 $. Pour réunir la somme, elle traverse une ville où tout a un prix. Elle croise Émilie, mère épuisée par des quarts de travail interminables, et Léonard, son fils d’un an et demi, amateur de tequila déjà initié aux rapports de pouvoir qui l’entourent. Au sommet de cette chaîne, Paul bâtit son empire, un cornet à la fois.
Comédie féroce et dystopique, Le Palais des Glaces expose la violence économique avec l’humour caustique propre à David Paquet. L’auteur, qui en est à sa troisième collaboration avec le metteur en scène Philippe Cyr, transforme l’inflation en drame intime et le capitalisme en théâtre grotesque, dans un combat brutal entre impunité et insoumission. Lorsque même la plus petite consolation devient un luxe, c’est notre humanité qui vacille.
Interprétation
Mot du metteur en scène
La lichette
Dans mes études collégiales, ma coloc, qui sera une amie pour la vie, travaillait dans un bar laitier. Elle travaillait beaucoup et à l’époque j’étais jaloux de ses faramineux pourboires. Ce sentiment d’inégalité s’est vite dissipé quand un soir elle est revenue à la maison avec cette histoire : un client avait recouvert la paroi de la salle de bain de ses propres excréments, comme un hommage à toutes les friandises glacées trempées de chocolat. Ma pauvre coloc était dans un dilemme : obéir aux ordres de la patronne qui demandait que les murs soient nettoyés ou bien risquer de perdre son emploi.
Le rêve sucré donnait mal au cœur.
Pendant la résurgence de ces images enfouies très très loin, peu après la première du Palais des Glaces, je me suis dit que Paquet était génial. Parce qu’il est capable de dépeindre la vie telle qu’elle est : à la fois terriblement ordinaire, mais si souvent improbable. Dans son bar laitier, ça goûte le paradis et le cul en même temps. Ça peut surprendre, mais c’est délicieux. Je connais peu d’auteurs qui savent manier les contrastes comme il le fait en oscillant entre naïveté et horreur, mais toujours avec la promesse d’une humanité débordante.
Dans cette troisième aventure commune, une des répliques du texte surgit comme un leitmotiv : « Plus plus, toujours plus ». Comme un appel à une théâtralité exacerbée où la scène est aussi exagérée que la vie, aussi dure à croire que le réel, où la réponse à l’indécence est un exutoire aux fantasmes les plus inavouables.
Si le Palais des Glaces existait vraiment, la saveur de « coup de pelle dans face » serait la plus populaire. Probablement parce que son goût serait étrangement apaisant.
— Philippe Cyr
Mot de l’auteur
Oser le reflet
À la base, il y a la phrase « Je suis tannée d’être morte » et l’idée d’un cornet à 275 $. Nous sommes en février 2021. J’entame une résidence d’écriture à Carleton-sur-Mer, sous l’invitation du Théâtre À tour de rôle. Mon intention est claire : m’attaquer à l’inflation et à la violence économique. Le Palais des Glaces sera une comédie dystopique.
Puis, je mets le projet de côté pour adapter L’Éveil du printemps. Lorsque j’y reviens, quelques années postpandémiques ont passé. À l’inflation se sont ajoutées – entre autres – une crise immobilière, la montée de l’autoritarisme, l’oligarchie numérique et des guerres trop nombreuses pour être nommées. Le monde change, et il change rapidement. Une urgence s’installe et amène avec elle des questions pressantes : que faire lorsque quelqu’un se saoule au pouvoir et refile son lendemain de veille au peuple ? Pourquoi prendre à ceux qui ont déjà si peu ? Quel impact cette cruauté a‑t-elle sur ceux qui la subissent ?
Dans l’écriture, je sens un glissement, imprévu et déroutant. Le miroir du vivre-ensemble m’offre un reflet qu’il me peine de regarder : notre propension à la violence. Qu’elle soit légale et invisible ou manifeste et criminelle, la brutalité me semble de plus en plus décomplexée, méprisante. Ça déteint sur mes personnages. La pièce n’est plus qu’une comédie dystopique, c’est un grand guignol.
Le Palais des Glaces devient ma façon d’exorciser, par l’humour et la fiction, tout ce qui me glace le sang. Pourquoi une comédie ? Parce que rire, c’est affirmer sa dignité. Pourquoi un conte fantaisiste ? Parce qu’inventer, c’est résister au réel. Pourquoi du théâtre ? Parce qu’il invite au rassemblement. Et être ensemble, ça apaise la peur. En plus de rappeler la force du nombre. Jongler avec ces notions d’inégalité, d’impunité, d’impuissance et d’insoumission n’aura pas été de tout repos. Pour moi qui aspire à une plume philanthrope, m’avouer que « l’humanité, c’est aussi ça » m’aura coûté. Heureusement, dans mes périodes de doute, j’ai eu le privilège salvateur de me tourner vers les petits plaisirs : somnifères, soirées entre amis et cornets. Du moins, ceux que je suis capable de me payer.
— David Paquet
Théâtre du Double signe

Enraciné à Sherbrooke, mais rayonnant partout sur le territoire québécois, le Double signe propose au grand public des rendez-vous théâtraux diversifiés. Son engagement envers les milieux artistique et citoyen se manifeste par un souci d’accessibilité, de transmission et une envie de rassembler. Le théâtre que nous produisons est rigoureux et unique à Sherbrooke. Il est le fruit du savoir-faire d’artistes d’ici et de partout. Nous présentons nos œuvres sur plusieurs semaines, en plein centre-ville, en plus de rayonner sur tout le territoire québécois et ce depuis 40 ans. Nous affectionnons les œuvres dont le propos politique, philosophique ou sociétal pose des questions qui méritent l’attention du plus grand nombre, en ne boudant jamais notre envie de divertir, pour que le théâtre demeure un événement tout aussi festif que nourrissant pour le cœur et l’esprit.
Théâtre À tour de rôle

Actif depuis 1982 à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, le Théâtre À tour de rôle est engagé dans la création, la production, la diffusion et la promotion de la dramaturgie et du théâtre québécois et canadien. Actuel, pertinent et initiateur, il participe également au rayonnement de l’art théâtral par la circulation de ses créations au Québec et dans la francophonie canadienne, en plus de diffuser des œuvres marquantes d’autres compagnies. Fier de contribuer à l’enrichissement culturel régional et national, il soutient le développement des artistes, locaux ou non, et de leurs projets, en plus d’intéresser la population et la relève locales à la création théâtrale. Bien ancré dans sa communauté et en évolution avec son temps, il travaille à rendre accessibles les arts pour la plus grande diversité de spectateur et spectatrices possible, grâce à de multiples collaborations et activités de sensibilisation.
Remerciements et soutien
En tournée
28 juillet au 14 août 2026
Carleton-sur-Mer
Théâtre À tour de rôle
7 au 24 avril 2027
Sherbrooke
Centre des arts de la scène Jean-Besré
Actualités
Médias
25 juillet 2026
Philippe Cyr et David Paquet tendent à leurs contemporains un miroir à peine déformant
Le Devoir

Images
27 juin 2026
En répétition
Équipe de création
Scénographie et accessoires
Lumière
Musique
Costumes
Maquillages et coiffures

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