Spectacles

La version qui n’intéresse personne

La version qui n’intéresse personne

d’après le roman d’Emmanuelle Pierrot

Salle Michelle-Rossignol

15 septembre au 10 octobre 2026

Juste des bonhommes qui bougent

Juste des bonhommes qui bougent

Camille Giguère-Côté

Salle Jean-Claude-Germain

22 septembre au 10 octobre 2026

Neige sur Abidjan
En reprise

Neige sur Abidjan

Iannicko N’Doua

Salle Michelle-Rossignol

28 au 30 octobre 2026

Vitesse-lumière

Vitesse-lumière

Jacques Laroche

Salle Jean-Claude-Germain

3 au 21 novembre 2026

Le Palais des Glaces

Salle Michelle-Rossignol

10 novembre au 5 décembre 2026

Tire le coyote et ses ami·es chantent Cohen… en français
Événement

Salle Michelle-Rossignol

15 au 17 décembre 2026

Madeleine

Madeleine

Maxime Robin

Salle Jean-Claude-Germain

19 janvier au 6 février 2027

Ne priez pas pour nous

Ne priez pas pour nous

Charles Fournier

Salle Michelle-Rossignol

2 au 27 février 2027

BIMBO

BIMBO

Geneviève Labelle et Mélodie Noël Rousseau

Salle Jean-Claude-Germain

2 au 20 mars 2027

L’affaire Magnolia

L’affaire Magnolia

Maud de Palma-Duquet

Salle Michelle-Rossignol

6 avril au 1er mai 2027

Paradis Ébène

Paradis Ébène

Phara Thibault

Salle Jean-Claude-Germain

20 avril au 8 mai 2027

En tournée

Le Palais des Glaces

28 juillet 2026 au 24 avril 2027

Neige sur Abidjan

Neige sur Abidjan

Iannicko N’Doua

2 octobre au 4 décembre 2026

Pas perdus | documentaires scéniques

Pas perdus | documentaires scéniques

Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier

16 au 18 octobre 2026

La version qui n’intéresse personne

La version qui n’intéresse personne

d’après le roman d’Emmanuelle Pierrot

4 au 29 novembre 2026

Glissant glissant

Glissant glissant

François Ruel-Côté

17 au 27 mars 2027

Ne priez pas pour nous

Ne priez pas pour nous

Charles Fournier

27 avril au 15 mai 2027

Sylvain Bélanger

Codirecteur général et directeur artistique

Sylvain Bélanger

L’ultime chance de nos idéaux

En préparant ce qui sera ma toute dernière saison à la direction de ce théâtre et de sa mission, je sentais qu’il était important de réunir des propositions artistiques capables de traduire l’idéal social que je chéris depuis trente ans, dans ma démarche d’artiste comme dans celle de directeur d’institution. Cet idéal se fonde sur une profonde confiance dans la capacité d’innovation collective du Québec et sur son potentiel de créativité auquel j’ai toujours cru, de la part de ses gens comme de ses institutions.

Le Québec n’est pas en zone de bombardements ni de famine. Il ne vit pas sous les cataclysmes qui freinent le développement d’autres peuples. La situation ici semble confortable, respirable. On se rassure en se comparant. On se console en se disant que, dans notre village francophone d’Amérique, nous sommes protégés des dérives les plus extrêmes du monde.

Mais tout est relatif.

Notre société tranquille ne l’est pas tant que ça. Elle est traversée d’inégalités. L’inflation, la crise du logement, l’insécurité alimentaire, l’itinérance, l’accès au travail ou à la propriété accentuent des fractures bien réelles. On le sait. Et pourtant, il arrive qu’on préfère ne pas regarder, ou pas trop longtemps. Une fatigue solidaire s’installe parfois. Une lassitude qui vient de l’impuissance à reconnaître nos failles, et surtout les humains qu’on échappe ensemble.

Notre société distincte est fondée sur un État-providence fort et repose sur des bases dont on peut être fiers, avec des institutions pour le bien commun. Or, ce modèle qui vise la cohésion sociale et la protection des plus vulnérables est de plus en plus mis à l’épreuve aujourd’hui.

Même dans cet idéal inclusif, il y a de l’exclusion. De la violence économique. De la pauvreté. L’érosion de nos idéaux, de la société progressiste, accueillante, un peu idéale et fière qu’on tentait de dessiner hier, on en vit le démantèlement et on manque de bras pour en tenir les morceaux, aujourd’hui. Et il y a surtout, des humains qu’on échappe ensemble. 

Le théâtre ne se posera jamais en sauveur. C’est un art libre, qui n’a ni leçon à donner ni compte à rendre. Mais il possède un pouvoir précieux : il peut faire parler.

J’ai toujours craint un théâtre qui ne serait qu’un refuge ou un miroir complaisant de nos culpabilités. Ce qui m’importe, c’est un théâtre où celles et ceux qui cherchent la légitimité de leur parole trouvent un espace pour la porter.

C’est ce que j’ai toujours voulu défendre au Théâtre d’Aujourd’hui : une maison de la prise de parole plurielle, d’une multitude d’écritures et de formes textuelles, capables de se déployer sans compromis, suggérant leurs propres esthétiques scéniques. J’ai voulu accueillir leurs audaces, leurs influences, leurs hybridités, leurs différences. Permettre aux langages d’ici d’exister pleinement. Cette pluralité, dans ses écritures comme dans ses publics, fait sa force et sa beauté à mes yeux. Et c’est elle qui nous permet ici de prendre le pouls d’une société au potentiel réel, et de regarder ensemble là où elle dérive et là où elle peut faire mieux.

La saison que vous découvrirez aborde des fractures bien réelles, mais elle le fait sans céder au découragement ou au cynisme. Elle passe par la satire, par l’intime, par la fougue et par l’audace formelle. C’est une saison où les appels à l’aide sont entendus, où la détresse et l’indignation sont reçues. Mais c’est surtout une saison qui rassemble.

Car au cœur de cet idéal social qui m’émeut, il y a l’idée d’une collectivité qui écoute et qui change. D’une culture qui se construit avec l’altérité. D’une cohabitation possible, même imparfaite.

C’est aussi une ultime saison pour moi auprès de vous. Une dernière occasion de défendre cet idéal à travers la puissance et la joie de l’art théâtral. De suivre les pistes de celles et ceux qui l’écrivent aujourd’hui, et qui nous redonnent la force d’imaginer faire mieux, ensemble.

C’est ainsi que le théâtre d’aujourd’hui célèbre pour moi, l’ultime chance de nos idéaux.

Crédit : Valaska

Abonnez-vous !

Choisissez au moins trois spectacles parmi la saison 2026 — 2027 et profitez d’un rabais progressif, d’une grande flexibilité et de privilèges exclusifs.